11 mai 2008
semaines 18 - 08 et 19 - 08
Olivier Leloup est un artiste qui dessine entre autres un homme qui lèche un bras :
Dans un article du Magazine littéraire consacré aux faussaires, il est cité comme faux notoire La volonté de puissance de Nietzsche :
« Il s’agit d’un faux, orchestré par la tristement célèbre sœur du philosophe et son compagnon Ernst Föster, antisémite notoire, afin de faciliter la récupération idéologique du philosophe par le régime nazi. Cette scandaleuse falsification de la pensée nietzschéenne a été démontrée par Giorgio Colli et Mazzino Monterani. Malgré cela, La volonté de puissance est aujourd’hui régulièrement rééditée. »

Abandonné à mi-parcours la lecture d’Attention de Heather Lewis ; ambiance tourmentée qui n’est pas pour me déplaire mais narration pas très claire.
La Bartlebyenne repart de l’avant avec la lecture de Wakefield, la nouvelle de Nathaniel Hawthorne.
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Mes lectures actuelles et prochaines actualisées :
1 – Les explorateurs de l’abîme d’Enrique Vila-Matas (lecture achevée)
2 - Histoire du surréalisme de Maurice Nadeau (lecture achevée)
3 – L’homme-ravin de Raymond Bozier (lecture achevée)
4 - Wakefield de Nathaniel Hawthorne (lecture achevée)
5 - Les Carnets de Marina Tsvetaeva (lecture en cours)
6 – Correspondance (volume 7) de Guy Debord (lecture en cours)
7 – L’armée de l’empereur de Jean-Louis Margolin (lecture en cours)
8 – Le choix des mots de Clément Rosset
9 – Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk
10 – L’éducation du stoïcien, du baron de Teive / Pessoa
11 - Sur les cimes du désespoir de Cioran
12 – 2666 de Roberto Bolano
Pense-bête :
- se renseigner sur l’écrivain japonais Yabutaka Tsutsui
10 mai 2008
sauvé d'une poubelle
09 mai 2008
Dis-moi que tu m’aimes
Et hop ! Encore un excellent Wolinski dans ma bibiothèque : Dis-moi que tu m’aimes.
05 mai 2008
cerveau noyé
Je n’ai pas été bien loin dans la lecture d’Hôtesse spéciale pour jet privé. Déjà page 2 est utilisé le terme d’OPA, avec un renvoi en bas de page pour expliquer doctement qu’il s’agit d’ "opérations par actions" et non comme tout le monde doit le savoir aujourd’hui d’offre publique d’achat. Ensuite les consternantes descriptions du plaisir, bâties à coup de clichés, me font de moins en moins rire :
« Son ventre palpitait de plus en plus vite, à mesure que le plaisir irradiait de sa féminité secrète, à travers tout son corps, pour lui noyer le cerveau d’une ivresse qu’elle ne dominait plus. Ses fesses rondes et dures se soulevaient à un rythme de plus en plus saccadé, dans le mouvement répétitif des ses hanches pleines qui se projetaient en avant pour mieux coller aux lèvres de Boris le petit bouton turgescent, détonateur de son plaisir. »
(soudain le doute m’étreint: veut-elle coller le petit bouton aux lèvres de Boris, ou est-ce Boris que l’on surnomme le petit bouton turgescent ?)
Néanmoins, j’ai trouvé dans les premières pages (forcément) un passage qui m’a intéressé car illustrant la notion de division corporelle qui m’attire immanquablement :
« Annelise Delaroche, une des membres les plus influentes de son bureau exécutif « Far East », sirotait d’une main ce qui semblait être un « bloody-mary », tout en lisant le Wall Street Journal, ses lunettes sur le bout du nez. [. . .]. Annelise Delaroche offrait son image habituelle : celle d’une « executive woman » efficace et professionnelle jusqu’au bout des ongles. A un petit détail près : la jupe de son tailleur était relevée jusqu’à la taille, et elle avait posé les pieds sur les accoudoirs du fauteuil inoccupé qui lui faisait face. Une des hôtesses agenouillée entre ses longues jambes, avait le visage enfoui au plus profond de son intimité. Au mouvement régulier de sa tête, il n’était pas difficile de comprendre qu’elle s’évertuait à lui donner du plaisir, avec une application qui forçait le respect.
Quant à l’attitude d’Annelise, elle forçait carrément l’admiration.
Pas un trait de son visage ne trahissait la volupté qu’elle éprouvait. Quelqu’un qui n’aurait vu que la partie supérieure de son corps n’aurait pas douté un seul instant avoir sous les yeux une élégante cadre supérieure, profitant d’un voyage d’affaires pour se tenir informée des cours de la bourse. »
(soudain l’incompréhension m’étreint : comment le spectateur qui décrit la scène sait-il la volupté qu’elle éprouve et que rien n’indique, donnée par une femme qui s’évertue, qui fait donc de pénibles efforts? )
Donc, nous sommes en présence d’une partie corporelle haute en totale opposition à la partie basse : froideur-chaleur, insensibilité-plaisir, respectabilité-stupre, contrôle-abandon. Et çà, je l’ai déjà trouvé dans d’autres descriptions ou photos, dessins, et j’ai l’intention de développer.
03 mai 2008
les italiens préfèrent les mûres
Comment ne pas chercher à découvrir l’allure d’Ursula Cavalcanti quand l’article qui l’évoque trop rapidement s’intitule Les italiens préfèrent les mûres ?
02 mai 2008
un polaroid de format A4
. . . je quitte un immeuble et débouche dans une rue étroite. Sur le toit d’une voiture en stationnement, se trouve un album photo ouvert, que je reconnais comme étant le mien. J’avance dans la rue et arrive sur une petite place jonchée de détritus, comme après un marché. Il y a de nombreuses photos au sol, les miennes, mais j’en remarque une qui m’est étrangère, c’est un polaroid de format A4. J’hésite à le prendre car un homme en complet et nœud papillon se dirige vers moi, mais je cède à la tentation et me baisse pour ramasser le tirage. La photo met en scène deux femmes, dont l’une nue, alanguie. Je glisse le cliché mouillé et sale dans ma serviette. . .
30 avril 2008
mille-feuille d'avril

"Salope" viendrait de "sale huppe" (relevé par Cotgrave en 1611), soit un nom d’oiseau !
Une collègue qui me heurte d’un document en plastique souple :
« Oh ! Excusez-moi, je vous ai …fouetté ! »
George Steiner a "une passion nerveuse pour les situations catastrophiques".
Remembrance : « Ce qui revient à l’esprit, fortuitement ou involontairement, des expériences passées. »
« A quoi bon prétendre alors l’enfermer dans une nomenclature stricte, quand il s’agit en fait d’emboîter le pas de Walser, d’épouser sa démarche au lieu de l’obstaculer de commentaires ? » (dans une critique littéraire)
« Je suis gravement débordé fort. » (un collègue au téléphone)
« Quand on a des occasions comme çà, il ne faut pas trop les gâcher, quitte à les regretter par la suite. » (Denis Balbir sur France 3)
29 avril 2008
n’adhérant à rien

J’ai beaucoup aimé le livre de Cécile Guilbert intitulé Pour Guy Debord.
Voici déjà pourquoi j’ai adhéré immédiatement à ce livre, pour cette note en bas de page et l‘apport pédagogique qu’elle représente pour un néophyte comme moi :
« En dépit des textes mêmes de Debord et de leur insistance à le distinguer du fourre-tout dans lequel médiatisation de la société, excès médiatiques, société médiatique et même médiasphère s’entrechoquent inintelligiblement – en dépit aussi de sa critique d’une telle confusion systématiquement et délibérément entretenue -, il semble que le terme si galvaudé de « spectacle » mérite une fois encore d’être précisé : le spectacle moderne est « le règne autocratique de l’économie marchande ayant à un statut de souveraineté irresponsable, et l’ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne » (Commentaires sur la société du spectacle, 1988) »
Cécile Guilbert décortique dans ce livre des propos, des publicités, des images – livre écrit en 1996- et met en regard les choix, attitudes ou analyses de Guy Debord. C’est réjouissant ! En vrac :
Voici par exemple ce que rappelle Cécile Guilbert :
« La société du spectacle fut donc en sa totalité une prophétie qui en contenaient bien d’autres. Parmi celles-ci, la noyade du langage dans l’océan morne du numérique.
Et comme une mauvaise monnaie chasse la bonne, une importante partie du vocabulaire de l’avenir est désormais généré, étendu et contrôlé par les entreprises le plus violemment intéressées à la création de la "novlangue". »
Et ce que disait George Orwell dans 1984 :
« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »
« Verrous contemporains :
Il est impossible de critiquer les innovations techniques sans être aussitôt accusé de ne pas vouloir vivre avec son temps et/ou de regretter l’ancien. Comme si c’était le problème.
En corollaire, on veut bien que la critique s’exerce, mais à l’unique condition qu’elle ait de quoi remplacer ce qu’elle dissout. Autant dire qu’elle est formellement prohibée. »
Un paragraphe troublant pour un lecteur en pleine veine Bartlebyene, même si, j’en ai bien conscience, l’arrêt d’écrire est plus subi que choisi :
« Victime de la chasse aux "expressions inadéquates" sévissant dans le furieux sillage du terrorisme intellectuel désormais identifié sous le terme de correction politique, le romancier Yabutaka Tsutsui a estimé que l’interdit frappant un nombre croissant de mots ne lui permettait plus d’exercer son art. Le pilonnage des traductions d’œuvres classiques occidentales, le caviardage croissant d’ouvrages et les glossaires de mots prohibés – nouveaux Enfers – ont eu raison d’un écrivain sexagénaire reconnu, virtuose de la satire, du jeu de mots, de l’humour noir.
C’est ainsi que, dans l’un des pays les plus civilisés du monde, phare et emblème de la riante modernité high-tech, un romancier dépossédé de son langage sous peine d’encourir les foudres de la censure peut cesser d’écrire dans l’indifférence générale. En l’An de grâce 1993, au Japon. »
Des citations de Guy Debord qui le rendent tellement sympathique:
« Il est assez notoire que je n’ai nulle part fait de concessions aux idées dominantes de mon époque. (In girum imus nocte et consumimur igni)»
« Je n’ai jamais cru aux valeurs reçues par mes contemporains.(Panégyrique) »
Cécile Guilbert le qualifie de dandy pour « la proscription des idoles du jour, néo-impératifs catégoriques que réussite, progrès, argent, images, vitesse, marchandise, technologie, confort, utilité constituent en troupeaux de veaux d’or à l’intention d’autres troupeaux. »
Et elle a ces qualificatifs pour le dépeindre –et là encore générer ma sympathie :
« Incrédule, distancié, ironique, nullement porté aux concessions d’aucune sorte, apparemment sans regrets, sans remords, sans croyance, sans désir autre que celui de coïncider pleinement avec l’instant, sa propre existence, avec son temps propre et son propre corps ; ne justifiant rien, « docteur en rien », n’adhérant à rien, ne prétendant à aucune vertu, revendiquant ses vices, n’y voulant ni pouvant rien en changer. . . »
28 avril 2008
semaine 17 - 08
Un bondage frais – style Photomaton -, et Dieu sait que je n’aime pas les collants. Enfin il le sait ou pas, je m’en fous, vu que je le nie. Mais gardons le contact avec la beauté et la vérité, soit ces seins à larges aréoles.
Trouvé soldé le tome 7 de la Correspondance de Guy Debord, soit les années 1988 à 1994. Je mesure soudain que les Commentaires sur la société du spectacle ont paru en 1988 et que je suis magnifiquement passé à côté, déjà complètement bouffé par la société du spectacle d’ailleurs. J’avais bien acheté cet exemplaire gris consacré à l’Internationale situationniste mais l’avais oublié après l’avoir survolé.

Je me rappelle bien des dessins extraits de bande dessinée et détournés par leur texte. Ce livre auquel je tenais – et qui a pris une grande valeur – a disparu sans doute à la faveur de mes multiples déménagements.
Trouvé également un ancien numéro du Matricule des anges avec un focus sur Enrique Vila-Matas dans une petite librairie de quartier ; échange de recommandations avec le libraire (jeune aux yeux bleu clair), moi lui conseillant Docteur Pasavento bien sûr, lui faisant l’éloge d’Eloge des voyages insensés de Vassili Golovanov, dont j’avais lu d’excellentes critiques.
Une trop belle carte de vœux.
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Mes lectures actuelles et prochaines actualisées :
1 – Les explorateurs de l’abîme d’Enrique Vila-Matas (lecture en cours)
2 - Histoire du surréalisme de Maurice Nadeau (lecture en cours)
3 – Les Carnets de Marina Tsvetaeva (lecture en cours)
4 – Hôtesse spéciale pour jet privé de Michel Brice (lecture en cours, ouais, je sais, est-ce vraiment une lecture ?)
5 – Correspondance (volume 7) de Guy Debord (lecture en cours)
6 – Wakefield de Nathaniel Hawthorne
7 – Le choix des mots de Clément Rosset
8 – Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk
9 – L’éducation du stoïcien, du baron de Teive / Pessoa
10 - Sur les cimes du désespoir de Cioran
11 – 2666 de Roberto Bolano
On l’aura remarqué, çà devient grave avec cinq lectures simultanées, mais heureusement pour ma santé, il y a des nouvelles, des lettres, un journal, l’histoire d’un mouvement, et donc pas cinq romans à personnages multiples.
Pense-bête :
- se renseigner sur l’écrivain japonais Yabutaka Tsutsui
27 avril 2008
pingouins pas innocents
Y a-t-il une corrélation improbable entre amour du pingouin et goût des rapports sado-masochistes ?

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