19 avril 2008
métalittérature
J’éprouve invariablement un plaisir instantané à rencontrer le préfixe méta, dont Wikipedia donne la définition suivante :
« méta est un préfixe qui provient du grec μετά (meta) (après, au-delà de, avec). Il exprime, tout à la fois, la réflexion, le changement, la succession, le fait d'aller au-delà, à côté de, entre ou avec.
méta signifie aussi à propos, comme dans métaphysique, la physique de la physique, ou dans métalinguistique, désignant le lexique linguistique.
méta est souvent utilisé dans le vocabulaire scientifique pour indiquer l'auto-référence (réflexion) :
• méta-physique = physique de la physique
• méta-langage = système ou langage permettant de décrire d'autres langages
• méta-livre = livre à propos d'un livre
• méta-documentation = documentation sur la documentation
méta est aussi très souvent utilisé en science pour désigner un niveau d'abstraction supérieur, un modèle. Exemple : une métadonnée est une donnée sur les données. »
Absorbant en ce moment du Vila-Matas à haute dose, je trouve ainsi régulièrement la notion de métalittérature, soit donc la littérature à propos de la littérature. Et grand bien me fait.
Ainsi cet extrait d’Explorateurs de l’abîme :
«En définitive, il me fallait faire un gros effort pour raconter des histoires de la vie quotidienne avec mon sang et mon foie, comme l’avaient exigé de moi mes contempteurs qui m’avaient reproché des excès métalittéraires et une "absence absolue de sang, de vie, de réalité, d’intérêt pour l’existence normale des gens normaux".»
Ou cette critique de Mathieu Lindon, grand admirateur de Vila-Matas :
« Il a, sinon inventé, du moins poussé à un tel degré de précision un genre, celui de la nouvelle métalittéraire, que celui-ci semble lui être devenu complètement naturel, de sorte que la seule déception que le lecteur peut ressentir est de constater combien l’auteur, avec toujours ces fascinantes fantaisie et imagination, y demeure fidèle. On aime tellement Enrique Vila-Matas qu’on adorerait qu’il élargisse encore son territoire, qu’il aille loin de ce qu’il a su créer comme son ici. »
03 avril 2008
balourder sa balle
(dessin numérique de Brune addict)
Longtemps j’ai cru que balourder était un mot-valise.
Qu'est-ce qu'un mot-valise ?
C'est, selon le Petit Larousse, un mot constitué par l'amalgame de la partie initiale d'un mot et de la partie finale d'un autre (ex. : franglais).
Je leur attribue beaucoup de charme. Parmi mes préférés :
Fictionnaire ( Le petit fictionnaire illustré de Finkielkraut)
Clavardage (ou tchate)
Savoir aussi qu’en cas de mot-valise composé d'une contraction de trois mots et plus, on parle de mot-pantalon .
Alors balourder, ce verbe employé par C. au tennis ? («Arrête de balourder tes balles !»)
J’ai imaginé que c’était la contraction séduisante de balancer et de lourde : balourder une balle revient à balancer sa balle avec trop de force, voire dans un style un peu lourd.
Mais recherche effectuée, balourder existe en argot :
balourder verbe transitif. Jeter : «Quand j'ai vu que la voiture des keufs s'est approchée de moi, j'ai discrêtement balourdé la boulette de chichon que j'avais sur moi !»
Bon, jeter sa balle, la projeter hors du terrain, çà se tient ; balourder, mot utilisé dans la zone, employé pour une balle finissant en dehors de la zone...
21 mars 2008
Détaché mais pas indifférent

Immergé dans ma période surréaliste, j’ai couru à la Pinacothèque de Paris pour voir l’exposition L’atelier de Man Ray – Unconcerned but not indifferent. J’ai loupé l’exposition Dada, alors çà suffit, mettons fin au gâchis. Cette précision (Unconcerned but not indifferent.) me plaît beaucoup : ces mots ont été choisis par sa femme Juliet pour la tombe de Man Ray.
Bon. Petite exposition, avec je crois quand même 250 œuvres et objets exposés. Je suis convaincu avant d’entrer, et je prends un réel plaisir à voir ces œuvres, mais quelqu’un qui n’est pas ainsi acquis trouvera peut-être l’exposition un peu légère.
Comme toujours chez ces artistes qui vont vers leur style propre, on trouve à leurs tout débuts des dessins – un nu féminin pour Man Ray- d’un total académisme, qui attestent de leur maîtrise. La première fois que j’avais ressenti çà, c’était en voyant les premiers dessins de Karel Appel, bien sages par rapport à ceux du mouvement COBRA.
Bien sûr, c’est Man Ray photographe qui me passionne, ses peintures ou sculptures m’intéressent beaucoup moins. J’ai vu des femmes jouant aux échecs... et Juliet brandissant un fer à repasser…
Il va me falloir trouver le catalogue, qui va au-delà de ce qui est exposé, mais pas à 50 euros.
07 mars 2008
une lenteur nerveuse
Kitchen stories, un film que j’aimerais bien revoir, dont voici le synopsis :
Dans les années 50, durant le boom industriel de l'après-guerre, un groupe d'observateurs suédois du Home Research Institute visite un village norvégien en vue d'étudier la routine des hommes célibataires dans leur cuisine. En aucun cas les observateurs ne doivent parler à leurs hôtes. Il en résulte une fable pleine d'humour sur l'amitié et l'éternel désir humain d'échapper aux classifications.
J’ai fait la synthèse des critiques pour dégager ce qui m’a séduit :
...un huis-clos dans un taudis verdâtre
...un univers conceptuel avec absurde, émotion
...un burlesque inclassable d’une lenteur nerveuse
C’est pas aguicheur çà ? Et une lenteur nerveuse… çà demande un réel effort pour tenter d’imaginer ce que cette notion recouvre.
21 février 2008
marginalité invétérée jusque dans le suicide
J’ai trouvé un nouvel écrivain suicidé (je les collectionne), Adalbert Stifter (1805-1868), " un auteur majeur de la littérature allemande du XIXème siècle, marginal invétéré qui se suicida à 63 ans. "
« Stifter prend sa retraite en 1865. Gravement malade,Stifter meurt à Linz, en 1868, après s'être tranché la gorge. »
16 février 2008
Rocking Girls 8 - brune laitière
Dernière Working Girl de Nicky, Milky (on devine pourquoi), est un droïde que l’on promène avec une laisse accrochée à son téton ou au poignet.
D’autres modèles existent comme cette pony girl en latex.
01 février 2008
Rocking Girls 7 - Maggie la réconfortable
Nicky nous a pondu une working girl blonde ! Je n’en reviens pas. Mais Maggy est aussi mignonne que les autres. Elle suce en voiture, et à l’ombre des pyramides, apporte le réconfort nécessaire aux égyptologues.
25 janvier 2008
représentation provocante de la femme
Helmut Newton est mort il y a quatre ans (le 23 janvier 2004) dans un accident de voiture (il a perdu le contrôle de sa Cadillac).
Je flashe sur ses photos depuis mon adolescence. Et je traque ses clichés un peu partout.
Extrait de l’article du Nouvel Observateur de l’époque :
« Au cours de sa longue carrière, Helmut Newton se sera distingué par une représentation sensuelle, voire provocante, de la femme en explorant les références à l'argent, à la mode, au pouvoir et au sexe. Des clichés qui ont fait de lui l'un des photographes les plus sulfureux, influents et controversés du XXe siècle. »
Une autre admiratrice manifeste de Newton, Melle Framboise - et elle a forcément toute ma sympathie - se rencontre en ouvrant précautionneusement la ...
porte N°5...
24 janvier 2008
vers l'ultime expression
Je pense que l’on devrait écrire un livre recensant les suicides d’écrivains, qui souvent annoncent dans leurs écrits l’acte à venir. Y serait forcément évoqué celui de Romain Gary qui, le 2 décembre 1980, s’est tiré une balle dans la bouche.
(Romain Gary)
Dans une biographie :
« On doit sans cesse faire des allers-retours entre ce qu’il vit (la gloire, les femmes, l’énergie) et ce qu’il ressent (la dépression, les gouffres, la solitude)…Le suicide est sans doute une présence continuelle dans son existence. Il écrit, de retour à Londres en 1955, à son ami René Agid :" J’ai une effroyable tentation de suicide. Un bouton qui manque, un soulier trop petit, une clef perdue, et je vois immédiatement la paix du suicide comme la seule solution". »
Une autre évocation : « au soir du 2 décembre 1980, étendu sur une serviette de bain rouge, il se tirera un coup de feu dans la bouche, en laissant à côté de lui ces mots : " Je me suis enfin exprimé entièrement ". »
22 janvier 2008
nor a drop to drink
Dans le film –culte pour moi- Kennedy et moi, Jean-Pierre Bacri dit ne pas comprendre la citation en anglais de Jean-Claude Brialy alors qu’ils se trouvent sur un bateau :
" Water, water everywhere, nor a drop to drink "
J’ai fait ma petite enquête et je connais maintenant l’origine de cette citation : il s’agit d’un extrait d’un long poème écrit par l’anglais Samuel Taylor Coleridge (1772 - 1834) et intitulé Rime of the Ancient Mariner :
Water, water, every where,
And all the boards did shrink ;
Water, water, every where,
Nor any drop to drink.
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(Samuel Taylor Coleridge)









