30 mai 2008
oniro-sexologie
Très déçu par Le voleur de songes de Michel Jouvet. Ce dernier est présenté en 4ème de couverture comme Membre de l’Académie des sciences, médaille d’or du CNRS, auteur d’un succès (Le château des songes), et pas romancier. Son livre est une suite d’exposés quant à des expériences autour du sommeil à l’aide de souris, expériences relatées par des chercheurs amateurs de bière (consommation répétée toutes les dix pages environ). Mais il manque le liant romanesque, le savoir-faire d’un véritable écrivain.
On survole donc les expériences auxquelles on ne comprend rien, pour s’arrêter sur des intermèdes réjouissants car grotesques. Ainsi, la scène du recours à une oniro-sexologue qui développe sa théorie spermatique (sic) liée aux quatre éléments, en parlant d’ailleurs comme Yoda :
« Je commençai à raconter mon premier rêve. Mon érection était devenue complète lorsqu’elle commença à me masturber doucement.
- et l’autre rêve maintenant.
Je bredouillai et ouvrit les yeux ; elle continuait à me masturber, et ses seins étaient sortis de sa robe. Nos regards se croisèrent et j’éjaculai rapidement. Elle recueillit alors avec une très grande habileté mon sperme dans une petite éprouvette en verre.
- très jeune encore vous êtes. »
J’en profite pour signaler que la faute de français (ouvrit au lieu de ouvris) est bien présente page 129, et ce n’est pas la seule dans cet ouvrage à peine relu (autre exemple page 41 : « une réponse à une question qui m’intriguais depuis quelques mois »).
Et puis il y a aussi des agents secrets !
J’ai été abusé par le sérieux que j’attribuais à l’éditeur (Odile Jacob) et par l’autorité que j'attribuais à Roger-Pol Droit, auteur, dans Le monde, d’une critique que j’ai relue (avec un e) médusé (sans e), où il évoque un « récit allègre », un thriller « inattendu, scientifique, drôle et tendre », et autres « charme discret, talent de conteur, sens de l’intrigue ». Dès qu’il ne lit plus de philosophie, Roger-Pol Droit perd toute lucidité.
05 mai 2008
cerveau noyé
Je n’ai pas été bien loin dans la lecture d’Hôtesse spéciale pour jet privé. Déjà page 2 est utilisé le terme d’OPA, avec un renvoi en bas de page pour expliquer doctement qu’il s’agit d’ "opérations par actions" et non comme tout le monde doit le savoir aujourd’hui d’offre publique d’achat. Ensuite les consternantes descriptions du plaisir, bâties à coup de clichés, me font de moins en moins rire :
« Son ventre palpitait de plus en plus vite, à mesure que le plaisir irradiait de sa féminité secrète, à travers tout son corps, pour lui noyer le cerveau d’une ivresse qu’elle ne dominait plus. Ses fesses rondes et dures se soulevaient à un rythme de plus en plus saccadé, dans le mouvement répétitif des ses hanches pleines qui se projetaient en avant pour mieux coller aux lèvres de Boris le petit bouton turgescent, détonateur de son plaisir. »
(soudain le doute m’étreint: veut-elle coller le petit bouton aux lèvres de Boris, ou est-ce Boris que l’on surnomme le petit bouton turgescent ?)
Néanmoins, j’ai trouvé dans les premières pages (forcément) un passage qui m’a intéressé car illustrant la notion de division corporelle qui m’attire immanquablement :
« Annelise Delaroche, une des membres les plus influentes de son bureau exécutif « Far East », sirotait d’une main ce qui semblait être un « bloody-mary », tout en lisant le Wall Street Journal, ses lunettes sur le bout du nez. [. . .]. Annelise Delaroche offrait son image habituelle : celle d’une « executive woman » efficace et professionnelle jusqu’au bout des ongles. A un petit détail près : la jupe de son tailleur était relevée jusqu’à la taille, et elle avait posé les pieds sur les accoudoirs du fauteuil inoccupé qui lui faisait face. Une des hôtesses agenouillée entre ses longues jambes, avait le visage enfoui au plus profond de son intimité. Au mouvement régulier de sa tête, il n’était pas difficile de comprendre qu’elle s’évertuait à lui donner du plaisir, avec une application qui forçait le respect.
Quant à l’attitude d’Annelise, elle forçait carrément l’admiration.
Pas un trait de son visage ne trahissait la volupté qu’elle éprouvait. Quelqu’un qui n’aurait vu que la partie supérieure de son corps n’aurait pas douté un seul instant avoir sous les yeux une élégante cadre supérieure, profitant d’un voyage d’affaires pour se tenir informée des cours de la bourse. »
(soudain l’incompréhension m’étreint : comment le spectateur qui décrit la scène sait-il la volupté qu’elle éprouve et que rien n’indique, donnée par une femme qui s’évertue, qui fait donc de pénibles efforts? )
Donc, nous sommes en présence d’une partie corporelle haute en totale opposition à la partie basse : froideur-chaleur, insensibilité-plaisir, respectabilité-stupre, contrôle-abandon. Et çà, je l’ai déjà trouvé dans d’autres descriptions ou photos, dessins, et j’ai l’intention de développer.
29 avril 2008
n’adhérant à rien

J’ai beaucoup aimé le livre de Cécile Guilbert intitulé Pour Guy Debord.
Voici déjà pourquoi j’ai adhéré immédiatement à ce livre, pour cette note en bas de page et l‘apport pédagogique qu’elle représente pour un néophyte comme moi :
« En dépit des textes mêmes de Debord et de leur insistance à le distinguer du fourre-tout dans lequel médiatisation de la société, excès médiatiques, société médiatique et même médiasphère s’entrechoquent inintelligiblement – en dépit aussi de sa critique d’une telle confusion systématiquement et délibérément entretenue -, il semble que le terme si galvaudé de « spectacle » mérite une fois encore d’être précisé : le spectacle moderne est « le règne autocratique de l’économie marchande ayant à un statut de souveraineté irresponsable, et l’ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne » (Commentaires sur la société du spectacle, 1988) »
Cécile Guilbert décortique dans ce livre des propos, des publicités, des images – livre écrit en 1996- et met en regard les choix, attitudes ou analyses de Guy Debord. C’est réjouissant ! En vrac :
Voici par exemple ce que rappelle Cécile Guilbert :
« La société du spectacle fut donc en sa totalité une prophétie qui en contenaient bien d’autres. Parmi celles-ci, la noyade du langage dans l’océan morne du numérique.
Et comme une mauvaise monnaie chasse la bonne, une importante partie du vocabulaire de l’avenir est désormais généré, étendu et contrôlé par les entreprises le plus violemment intéressées à la création de la "novlangue". »
Et ce que disait George Orwell dans 1984 :
« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »
« Verrous contemporains :
Il est impossible de critiquer les innovations techniques sans être aussitôt accusé de ne pas vouloir vivre avec son temps et/ou de regretter l’ancien. Comme si c’était le problème.
En corollaire, on veut bien que la critique s’exerce, mais à l’unique condition qu’elle ait de quoi remplacer ce qu’elle dissout. Autant dire qu’elle est formellement prohibée. »
Un paragraphe troublant pour un lecteur en pleine veine Bartlebyene, même si, j’en ai bien conscience, l’arrêt d’écrire est plus subi que choisi :
« Victime de la chasse aux "expressions inadéquates" sévissant dans le furieux sillage du terrorisme intellectuel désormais identifié sous le terme de correction politique, le romancier Yabutaka Tsutsui a estimé que l’interdit frappant un nombre croissant de mots ne lui permettait plus d’exercer son art. Le pilonnage des traductions d’œuvres classiques occidentales, le caviardage croissant d’ouvrages et les glossaires de mots prohibés – nouveaux Enfers – ont eu raison d’un écrivain sexagénaire reconnu, virtuose de la satire, du jeu de mots, de l’humour noir.
C’est ainsi que, dans l’un des pays les plus civilisés du monde, phare et emblème de la riante modernité high-tech, un romancier dépossédé de son langage sous peine d’encourir les foudres de la censure peut cesser d’écrire dans l’indifférence générale. En l’An de grâce 1993, au Japon. »
Des citations de Guy Debord qui le rendent tellement sympathique:
« Il est assez notoire que je n’ai nulle part fait de concessions aux idées dominantes de mon époque. (In girum imus nocte et consumimur igni)»
« Je n’ai jamais cru aux valeurs reçues par mes contemporains.(Panégyrique) »
Cécile Guilbert le qualifie de dandy pour « la proscription des idoles du jour, néo-impératifs catégoriques que réussite, progrès, argent, images, vitesse, marchandise, technologie, confort, utilité constituent en troupeaux de veaux d’or à l’intention d’autres troupeaux. »
Et elle a ces qualificatifs pour le dépeindre –et là encore générer ma sympathie :
« Incrédule, distancié, ironique, nullement porté aux concessions d’aucune sorte, apparemment sans regrets, sans remords, sans croyance, sans désir autre que celui de coïncider pleinement avec l’instant, sa propre existence, avec son temps propre et son propre corps ; ne justifiant rien, « docteur en rien », n’adhérant à rien, ne prétendant à aucune vertu, revendiquant ses vices, n’y voulant ni pouvant rien en changer. . . »
08 avril 2008
idée morose
Avec La promenade de Robert Walser,je m’attendais à tout à fait autre chose, à une promenade solitaire, propice à communion avec la nature et à réflexions intimes. Or le personnage principal de la promenade va d’une personne à l’autre, échangeant avec diverses personnes sur des modes très différents, hormis un passage où il va seul dans un bois :
« Dans le bois tout était si solennel que de délicieux fantasmes s’emparaient comme d’eux-mêmes du promeneur sensible. Comme le doux silence sylvestre me rend heureux !
De temps à autre, quelque faible bruit parvenait depuis l’extérieur dans cet isolement et cette chère et ravissante obscurité, par exemple un coup, un sifflement ou quelque autre son, dont le retentissement lointain ne faisait qu’augmenter encore ce règne du silence que j’inhalais à cœur perdu, dont je buvais et lapais littéralement les effets. »
C’est inclassable, çà change de forme continuellement, comprend des discours, des dialogues, de l’ironie et de fragiles réflexions, et se termine de manière un peu inquiète :
« Considérant la terre, l’air et le ciel, je fus saisi de l’idée morose, irrésistible, qui me contraignit à me dire qu’entre ciel et terre j’étais un pauvre prisonnier, que nous étions lamentablement enfermés de la sorte, que pour nous tous il n’y avait nulle part un chemin menant dans l’autre monde, sinon ce chemin unique qui nous conduit à descendre dans le trou sombre, dans le sol, dans la tombe. "Ai-je cueilli des fleurs pour les déposer sur mon malheur ?" me demandai-je, et le bouquet tomba de ma main. Je m’étais levé pour rentrer chez moi, car il était déjà tard et tout était sombre. »
05 avril 2008
Bondages
Bondages de Claude Delbouis, est un livre érotique très bien écrit, racontant comment une fille découvre le plaisir dans le bondage. Comme toujours dans ce genre d’ouvrage, le scénario va crescendo, et comme souvent il ne sait pas rencontrer une fin maîtrisée et relativement plausible. Mais çà reste de bonne tenue. Et puis il y a cette couverture de Chas Ray Krider, qui fait que l’on promène le livre avec plaisir. Deux extraits :
« Les mains tremblantes, elle feuilletait le magazine. Il y avait trois ou quatre illustrations du même genre, mais l’essentiel était consacré à la flagellation et à la fessée. [. . .] Une autre illustration montrait une blonde le nez collé à un arbre. Les liens qui l’attachaient au tronc ne laissaient nues que les fesses que deux hommes cinglaient à coup de badine. »
« Hervé se retrouva dans une posture que sa sœur connaissait bien parce que Nelly la lui avait infligée souvent dans son arrière-boutique. [. . .] Allongé sur le dos, les genoux au menton, le garçon offrait tout son entrejambe. Avec son derrière meurtri, la position devait être encore plus inconfortable. Ses fesses frôlaient le bord du cheval d’arçons, et, avant même que Pamela se place devant lui, Fabienne se doutait de ce qu’elle allait faire.
L’anglaise saisit le jeune français aux hanches et se cambra. En sentant l’extrémité du gode ceinture, Hervé émit un couinement apeuré. »
02 avril 2008
de si puissantes commotions
Flowerbone de Robert Alexis est un livre prostitué dont la couverture aguicheuse a tenu ses promesses. Maîtrise de la langue, goût des épithètes bien choisis, des mots justes, et abandon à la poésie. C’est agréable un livre où l’on trouve thébaïde, carex ou escarbilles, et une "ombre palpébrale". Science-fiction légère avec retour vers le passé, notamment une superbe évocation du Baron rouge.
« Je m’allongeai dans la bulle de verre du cockpit. Un levier provoquait le mélange des carburants, un autre déclenchait la combustion. Mes témoins allèrent se protéger derrière les lourdes plaques d’acier déposées contre un remblai de sable. La tuyère vomit un torrent de feu rouge et blanc. L’ébranlement de l’air poussa les rares personnes que je voyais encore à se boucher les oreilles. L’avion se mit à rouler de plus en plus vite avant qu’une force incommensurable ne l’arrache du sol. »
Un autre exemple du style, avec cette découverte du plaisir solitaire par l’héroïne, un cyborg.
« Revenue sur le lit, je jouai encore de tous ces instruments, je pétrissais les seins, pinçai les mamelons, suivai de la paume une ligne invisible vers cette zone humide, tiède, d’où émanaient de si puissantes commotions. La position allongée permettait une exploration affranchie du souci de l’équilibre. Je commandai cette fois le plaisir d’une manière plus experte. »
25 mars 2008
sobriété racée
L'ombre de la chute de Mark Henshaw et John Clanchy : excellent polar australien chez Christian Bourgois, avec chantage inhumain, personnages consistants et construction de l’histoire épatante, le tout avec une sobriété de style efficace et comment dire, racée. Le genre de livre que l’on empoigne chaque soir en anticipant son plaisir. Mais comme c’est un polar, on ne peut rien …en dire (Jean-Louis Murat). Mais quand même, quand vers l’approche du dénouement les auteurs font disparaître le principal enquêteur, on reste là à voir la terrible échéance s’approcher en se demandant ce que bien faire ce sacré Salomon Glass… C’est très fort.
26 février 2008
en terre de violence et de sorcellerie
J’aime chez Jacques Chessex non seulement ce qu’il écrit mais aussi ce choix de vie, cette recherche d’authenticité à Ropraz en Suisse, « terre de violence et de sorcellerie », dans une maison où il laisse libre cours à ses goûts. Il quitte sa collection de toiles, dont des nus, pour gagner le cimetière où il écrit de la poésie. Cet homme semble en vraie communion avec la nature, avec le temps. Il épouse la réalité (« Le deuil est une chose impossible ») pour mieux la vivre, comme on se réchauffe dès qu’on arrête de lutter contre le froid. Il m’apparaît comme un monstre de quiétude que j’envie, forcément.
22 février 2008
famille en retour
Lu avec plaisir Devoirs d’école de Jakob Arjouni, dont j’ignorais tout, mais qui a eu la bonne idée de se faire publier cher Christian Bourgois – cela suffit comme invitation à lire.
Et dans la deuxième phrase du roman, est évoqué un texte de Robert Walser…
Le personnage principal est un professeur d’allemand, qui vieillit pas très bien, se bat avec ses armes pitoyables de dérision, comme une ironie sarcastique à tout bout de champ, ou une capacité naturelle à tout positiver à grands renforts de justifications intellectuelles.
« Frapper son propre père…Il fallait oser, quand même ! Cela contribuait sûrement à l’épanouissement d’un jeune homme. Une rébellion, un coup libérateur…tout le monde devait un jour renverser son père de son piédestal. »
A la veille d’un week-end en célibataire, bientôt débarrassé croit-il d’une famille source de problèmes, il va connaître un violent effet boomerang … Il s’en remettra à l’aide d’une pirouette encore une fois intellectuelle. Mais, en gros, il a pathétiquement tout faux.
20 février 2008
amateurs de poitrine
Alain Valcour, en bon obsédé des seins, connaît Ramon Gomez de la Serna :
"L'auteur espagnol Ramon Gomez de la Serna (1888-1963) a écrit un livre consacré aux seins, titré tout simplement "Seins". Une traduction française est parue aux éditions A. Dimanche en 1997; il en existe une édition de poche.
Ce livre est une suite de croquis littéraires que l'auteur a du écrire à la terrasse d'un café en regardant les passantes à longueur de journées."
J’ai lu ce livre, et comme d’habitude je ne me souviens plus de rien. A relire dans une autre vie sans doute. En voici un extrait :
Le Xylophoniste des Seins
R.G de la Serna
Cet homme subtil et soucieux avait toujours rêvé de découvrir la tonalité des seins, leur polyphonie.
"Parce qu’ils en ont une, pensait-il, ils en ont une. Chaque sein a une nuance musicale. Le tout est de la trouver."
Dans les cabinets particuliers, les femmes demeuraient impressionnées lorsqu’il tirait de la poche intérieure de sa redingote un petit marteau dont il frappait leurs seins. [...]
"Ce qu’il faut perfectionner, c’est le marteau... Les seins ont leur note parfaite, mais il est très difficile de l’en faire sortir. Ce qu’il faut perfectionner, c’est le marteau."
Et il perfectionna le marteau, grâce à quoi, un jour, il put assembler les notes les plus délicieuses pour un concert idéal.
Il disposait en rang les femmes aux seins différents, depuis les seins aigus, criards, frivoles et retroussés comme les cornes des petits chevreaux, jusqu’aux seins opulents, tombants, graves qui donnaient la basse ; parfois, il était inutile de faire sonner le sein droit ou le gauche car ils donnaient une note étrangère à la gamme dont faisaient partie les femmes. Le marteau se gardait bien de frapper ce sein atonal.
Alain Valcour, en bon mamello-maniaque, parle bien des seins de la boulangère :
"Les seins de la boulangère se doivent d’être amples et généreux, souples et blancs comme de la pâte à pain qui demande à être longuement pétrie. Ce sont des seins nourriciers, naturels, sans afféterie ni fermeté siliconée, et toujours un peu poudrés de farine.
La boulangère les montre dans un ample décolleté, d’une part parce qu’il fait chaud dans sa boutique et d’autre part pour que les jeunes garçons envoyés « au pain » par leurs mères aillent chez elle de préférence."
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