31 mai 2008
refuge féminin
. . . en proie à une profonde tristesse, je me réfugie dans les bras de J (o). Nous nous enlaçons tendrement, mais très vite je ne peux éviter de réagir à ce contact avec un corps féminin, et je pousse en avant mon bassin, de sorte que J (o) perçoit mon érection. Elle s’esquive alors, avec discrétion et tact. . .
30 mai 2008
oniro-sexologie
Très déçu par Le voleur de songes de Michel Jouvet. Ce dernier est présenté en 4ème de couverture comme Membre de l’Académie des sciences, médaille d’or du CNRS, auteur d’un succès (Le château des songes), et pas romancier. Son livre est une suite d’exposés quant à des expériences autour du sommeil à l’aide de souris, expériences relatées par des chercheurs amateurs de bière (consommation répétée toutes les dix pages environ). Mais il manque le liant romanesque, le savoir-faire d’un véritable écrivain.
On survole donc les expériences auxquelles on ne comprend rien, pour s’arrêter sur des intermèdes réjouissants car grotesques. Ainsi, la scène du recours à une oniro-sexologue qui développe sa théorie spermatique (sic) liée aux quatre éléments, en parlant d’ailleurs comme Yoda :
« Je commençai à raconter mon premier rêve. Mon érection était devenue complète lorsqu’elle commença à me masturber doucement.
- et l’autre rêve maintenant.
Je bredouillai et ouvrit les yeux ; elle continuait à me masturber, et ses seins étaient sortis de sa robe. Nos regards se croisèrent et j’éjaculai rapidement. Elle recueillit alors avec une très grande habileté mon sperme dans une petite éprouvette en verre.
- très jeune encore vous êtes. »
J’en profite pour signaler que la faute de français (ouvrit au lieu de ouvris) est bien présente page 129, et ce n’est pas la seule dans cet ouvrage à peine relu (autre exemple page 41 : « une réponse à une question qui m’intriguais depuis quelques mois »).
Et puis il y a aussi des agents secrets !
J’ai été abusé par le sérieux que j’attribuais à l’éditeur (Odile Jacob) et par l’autorité que j'attribuais à Roger-Pol Droit, auteur, dans Le monde, d’une critique que j’ai relue (avec un e) médusé (sans e), où il évoque un « récit allègre », un thriller « inattendu, scientifique, drôle et tendre », et autres « charme discret, talent de conteur, sens de l’intrigue ». Dès qu’il ne lit plus de philosophie, Roger-Pol Droit perd toute lucidité.
24 mai 2008
mille-feuille de mai
Il s’est planté comme une grosse buse.
Espèce de triple buse. (pourquoi triple ?).
« En amour, je pratique opiniâtrement le moabitisme. » (Gabriel Matzneff)
Le moabitisme, c’est l'art de régénérer un vieux corps en le frottant à de jeunes peaux.
« . . . ces isolats térébrants qui pénétreraient bientôt en isolés splendides le cœur d’une décennie réputée vaine. » (Cécile Guilbert – Pour Guy Debord)
« En 1995, ces berquinades s’appellent "romans interactifs", [. . .]. » (Cécile Guilbert – Pour Guy Debord)
Berquinade : œuvre fade et sentimentale, à la manière de A. Berquin, auteur d’ouvrages pour la jeunesse (XVIIIème siècle).
« Sur le plan constitution, le pilote a pas dû trop souffert. » (un ingénieur Renault sur France Info)
« Tu en es sûr Gérard ?
- Pas tout-à-fait mais oui ! »
(Gagnez des millions)
19 mai 2008
Vers la brune mutante

(Dessin de Marcel Dzama)
Vers la brune est en mutation. Une menace exogène non contrôlée, surgissant d’où on ne l’attendait pas, vient aujourd’hui perturber ce qui lui vaut de ligne éditrice. Aussi, en ces temps troublés, les messages se feront plus rares et parallèlement, des modifications apparaîtront dans le contenu (catégories, messages, albums photos). Mais j’ignore encore lesquelles, et de quelle importance. Mais comme je reste attaché au nom du site et à une partie de son historique, je ne peux me résoudre à créer un autre blog. Voilà, je tenais à prévenir mes chers visiteurs.
Et quand cette mutation sera achevée, ce message s’autodétruira.
18 mai 2008
semaine 20 - 08
De nouveau effroi communicatif (temps fort ?) à la lecture de l’évocation des Derniers jours de Susan Sontag sur le blog de Pierre Assouline. Je connais peu S. S. mais elle m’est chère, à travers principalement un livre que j’ai souvent parcouru, jamais lu, intitulé Temps forts. Sa fin, racontée par son fils David Rieff (Mort d’une inconsolée chez Climats), fait l’objet d’un livre qui me tente et m’effraie.
« Lorsqu’elle apprend le diagnostic final, la panique l’envahit. Naturellement angoissée en temps de paix, elle l’est plus encore au terme de cette guerre personnelle qu’elle ne peut croire perdue. »
Cette panique, je l’ai connue, et c’est ce que je redoute. Comment avoir la sérénité de Guy Debord qui écrivit ce dernier mot avant de se suicider ?
«Maladie appelée polynévrite alcoolique, remarquée à l’automne 90. D’abord presque imperceptible, puis progressive. Devenue réellement pénible seulement à la fin novembre 94.
Comme dans toute maladie incurable, on gagne beaucoup à ne pas chercher, ni accepter de se soigner. C’est le contraire de la maladie que l’on peut contracter par une regrettable imprudence. Il y faut au contraire la fidèle obstination de toute une vie. »
Acheté Debord ou la diffraction du temps de Stéphane Zagdanski. LIFO. Last in first out, il pourrait bien être ma prochaine lecture. Il est vrai que je suis chaud : je lis actuellement un volume de l’excellente collection Découvertes chez Gallimard consacré aux situationnistes. Et j’ai enregistré la récente soirée Arte sur Debord (La société du spectacle et un documentaire sur Lebovici). Il est également bien présent à mon esprit qu’il faut s’attacher à lire ce qui apparaît le plus urgent à lire, et à ce dernier titre, Debord s’impose. Vila-Matas est plus…divertissant.
Tentant aussi de s’intéresser à G.A.G. qui n’en est pas un. Georges-Arthur Goldschmidt est un traducteur facétieux qui a traduit Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche en y glissant une phrase perso. Il serait bien remonté contre Heidegger et Sloterdijk, deux figures allemandes qui m’impressionnent, mais j’ignore tout d’eux. Il parle aussi dans son dernier livre d’entretiens (Un enfant aux cheveux gris) de ses profondes tendances masochistes.
Mon fournisseur de poulet dînatoire a pris des vacances : seulement 3 jours chez lui, sa boutique ne pouvant être fermée plus longtemps. Respect.
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Mes lectures actuelles et prochaines actualisées :
1 - Les situationnistes de Laurent Chollet (lecture en cours)
2 - Le voleur de songes de Michel Jouvet (lecture en cours)
3 - Les Carnets de Marina Tsvetaeva (lecture en cours)
4 – Correspondance (volume 7) de Guy Debord (lecture en cours)
5 – L’armée de l’empereur de Jean-Louis Margolin (lecture en cours)
6 – Le choix des mots de Clément Rosset
7 – Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk
8 – L’éducation du stoïcien, du baron de Teive / Pessoa
9 - Sur les cimes du désespoir de Cioran
10 – 2666 de Roberto Bolano
Pense-bête :
- se renseigner sur l’écrivain japonais Yasutaka Tsutsui
13 mai 2008
une libraire soupçonneuse

(photo de Corriette Schoenaerts)
. . .dans une grande librairie, une vendeuse me signale que j’ai deux sacs en provenance d’une autre librairie et qu’elle va en contrôler le contenu. Elle me demande d’appeler au téléphone la librairie G. pour vérifier mes achats. Je refuse, stupéfait de la démarche. J’explique que s’ils ont un doute sur mon honnêteté, il n’y a qu’à contrôler les livres dans les sacs à l’aide des tickets de caisse en ma possession. Il est inutile d’appeler la librairie G. ! La discussion vire à l’esclandre devant d’autres clients. La vendeuse cède enfin et je sors les trois tickets de caisse. Une jeune fille semble en pleurs et manifeste sa honte : c’est la fille de la vendeuse (ce que me confirme cette dernière), qui vit mal la suspicion injuste dont je fais l’objet. . .
12 mai 2008
culture du fantasme

Premier achat d’un livre de Roy Stuart, son volume 1.
Ce qui est amusant chez Roy Stuart c’est l’univers ludique qui lui est propre, avec ses diverses obsessions mises en scènes à l’aide de femmes de genre et de beauté très variés.
J’y trouve largement mon compte avec une culture du fantasme que je partage et la présence de quelques modèles à la beauté renversante.
L’étape suivante intéressante serait de se procurer l’une de ses vidéos.
11 mai 2008
semaines 18 - 08 et 19 - 08
Olivier Leloup est un artiste qui dessine entre autres un homme qui lèche un bras :
Dans un article du Magazine littéraire consacré aux faussaires, il est cité comme faux notoire La volonté de puissance de Nietzsche :
« Il s’agit d’un faux, orchestré par la tristement célèbre sœur du philosophe et son compagnon Ernst Föster, antisémite notoire, afin de faciliter la récupération idéologique du philosophe par le régime nazi. Cette scandaleuse falsification de la pensée nietzschéenne a été démontrée par Giorgio Colli et Mazzino Monterani. Malgré cela, La volonté de puissance est aujourd’hui régulièrement rééditée. »

Abandonné à mi-parcours la lecture d’Attention de Heather Lewis ; ambiance tourmentée qui n’est pas pour me déplaire mais narration pas très claire.
La Bartlebyenne repart de l’avant avec la lecture de Wakefield, la nouvelle de Nathaniel Hawthorne.
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Mes lectures actuelles et prochaines actualisées :
1 – Les explorateurs de l’abîme d’Enrique Vila-Matas (lecture achevée)
2 - Histoire du surréalisme de Maurice Nadeau (lecture achevée)
3 – L’homme-ravin de Raymond Bozier (lecture achevée)
4 - Wakefield de Nathaniel Hawthorne (lecture achevée)
5 - Les Carnets de Marina Tsvetaeva (lecture en cours)
6 – Correspondance (volume 7) de Guy Debord (lecture en cours)
7 – L’armée de l’empereur de Jean-Louis Margolin (lecture en cours)
8 – Le choix des mots de Clément Rosset
9 – Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk
10 – L’éducation du stoïcien, du baron de Teive / Pessoa
11 - Sur les cimes du désespoir de Cioran
12 – 2666 de Roberto Bolano
Pense-bête :
- se renseigner sur l’écrivain japonais Yabutaka Tsutsui
10 mai 2008
sauvé d'une poubelle
09 mai 2008
Dis-moi que tu m’aimes
Et hop ! Encore un excellent Wolinski dans ma bibiothèque : Dis-moi que tu m’aimes.
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