Vers la brune

cagibi mental alimenté quand la nuit tombe, où sont amassés des notes, des écrits, des photos dont celles d'une brune.

05 mai 2008

cerveau noyé

H_tesse_sp_ciale

Je n’ai pas été bien loin dans la lecture d’Hôtesse spéciale pour jet privé. Déjà page 2 est utilisé le terme d’OPA, avec un renvoi en bas de page pour expliquer doctement qu’il s’agit d’ "opérations par actions" et non comme tout le monde doit le savoir aujourd’hui d’offre publique d’achat. Ensuite les consternantes descriptions du plaisir, bâties à coup de clichés, me font de moins en moins rire :
« Son ventre palpitait de plus en plus vite, à mesure que le plaisir irradiait de sa féminité secrète, à travers tout son corps, pour lui noyer le cerveau d’une ivresse qu’elle ne dominait plus. Ses fesses rondes et dures se soulevaient à un rythme de plus en plus saccadé, dans le mouvement répétitif des ses hanches pleines qui se projetaient en avant pour mieux coller aux lèvres de Boris le petit bouton turgescent, détonateur de son plaisir. »
(soudain le doute m’étreint: veut-elle coller le petit bouton aux lèvres de Boris, ou est-ce Boris que l’on surnomme le petit bouton turgescent ?)

Néanmoins, j’ai trouvé dans les premières pages (forcément) un passage qui m’a intéressé car illustrant la notion de division corporelle qui m’attire immanquablement :
« Annelise Delaroche, une des membres les plus influentes de son bureau exécutif « Far East », sirotait d’une main ce qui semblait être un « bloody-mary », tout en lisant le Wall Street Journal, ses lunettes sur le bout du nez. [. . .]. Annelise Delaroche offrait son image habituelle : celle d’une « executive woman » efficace et professionnelle jusqu’au bout des ongles. A un petit détail près : la jupe de son tailleur était relevée jusqu’à la taille, et elle avait posé les pieds sur les accoudoirs du fauteuil inoccupé qui lui faisait face. Une des hôtesses agenouillée entre ses longues jambes, avait le visage enfoui au plus profond de son intimité. Au mouvement régulier de sa tête, il n’était pas difficile de comprendre qu’elle s’évertuait à lui donner du plaisir, avec une application qui forçait le respect.
Quant à l’attitude d’Annelise, elle forçait carrément l’admiration.
Pas un trait de son visage ne trahissait la volupté qu’elle éprouvait. Quelqu’un qui n’aurait vu que la partie supérieure de son corps n’aurait pas douté un seul instant avoir sous les yeux une élégante cadre supérieure, profitant d’un voyage d’affaires pour se tenir informée des cours de la bourse
. »
(soudain l’incompréhension m’étreint : comment le spectateur qui décrit la scène sait-il la volupté qu’elle éprouve et que rien n’indique, donnée par une femme qui s’évertue, qui fait donc de pénibles efforts? )
Donc, nous sommes en présence d’une partie corporelle haute en totale opposition à la partie basse : froideur-chaleur, insensibilité-plaisir, respectabilité-stupre, contrôle-abandon. Et çà, je l’ai déjà trouvé dans d’autres descriptions ou photos, dessins, et j’ai l’intention de développer.

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