30 avril 2008
mille-feuille d'avril

"Salope" viendrait de "sale huppe" (relevé par Cotgrave en 1611), soit un nom d’oiseau !
Une collègue qui me heurte d’un document en plastique souple :
« Oh ! Excusez-moi, je vous ai …fouetté ! »
George Steiner a "une passion nerveuse pour les situations catastrophiques".
Remembrance : « Ce qui revient à l’esprit, fortuitement ou involontairement, des expériences passées. »
« A quoi bon prétendre alors l’enfermer dans une nomenclature stricte, quand il s’agit en fait d’emboîter le pas de Walser, d’épouser sa démarche au lieu de l’obstaculer de commentaires ? » (dans une critique littéraire)
« Je suis gravement débordé fort. » (un collègue au téléphone)
« Quand on a des occasions comme çà, il ne faut pas trop les gâcher, quitte à les regretter par la suite. » (Denis Balbir sur France 3)
29 avril 2008
n’adhérant à rien

J’ai beaucoup aimé le livre de Cécile Guilbert intitulé Pour Guy Debord.
Voici déjà pourquoi j’ai adhéré immédiatement à ce livre, pour cette note en bas de page et l‘apport pédagogique qu’elle représente pour un néophyte comme moi :
« En dépit des textes mêmes de Debord et de leur insistance à le distinguer du fourre-tout dans lequel médiatisation de la société, excès médiatiques, société médiatique et même médiasphère s’entrechoquent inintelligiblement – en dépit aussi de sa critique d’une telle confusion systématiquement et délibérément entretenue -, il semble que le terme si galvaudé de « spectacle » mérite une fois encore d’être précisé : le spectacle moderne est « le règne autocratique de l’économie marchande ayant à un statut de souveraineté irresponsable, et l’ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne » (Commentaires sur la société du spectacle, 1988) »
Cécile Guilbert décortique dans ce livre des propos, des publicités, des images – livre écrit en 1996- et met en regard les choix, attitudes ou analyses de Guy Debord. C’est réjouissant ! En vrac :
Voici par exemple ce que rappelle Cécile Guilbert :
« La société du spectacle fut donc en sa totalité une prophétie qui en contenaient bien d’autres. Parmi celles-ci, la noyade du langage dans l’océan morne du numérique.
Et comme une mauvaise monnaie chasse la bonne, une importante partie du vocabulaire de l’avenir est désormais généré, étendu et contrôlé par les entreprises le plus violemment intéressées à la création de la "novlangue". »
Et ce que disait George Orwell dans 1984 :
« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »
« Verrous contemporains :
Il est impossible de critiquer les innovations techniques sans être aussitôt accusé de ne pas vouloir vivre avec son temps et/ou de regretter l’ancien. Comme si c’était le problème.
En corollaire, on veut bien que la critique s’exerce, mais à l’unique condition qu’elle ait de quoi remplacer ce qu’elle dissout. Autant dire qu’elle est formellement prohibée. »
Un paragraphe troublant pour un lecteur en pleine veine Bartlebyene, même si, j’en ai bien conscience, l’arrêt d’écrire est plus subi que choisi :
« Victime de la chasse aux "expressions inadéquates" sévissant dans le furieux sillage du terrorisme intellectuel désormais identifié sous le terme de correction politique, le romancier Yabutaka Tsutsui a estimé que l’interdit frappant un nombre croissant de mots ne lui permettait plus d’exercer son art. Le pilonnage des traductions d’œuvres classiques occidentales, le caviardage croissant d’ouvrages et les glossaires de mots prohibés – nouveaux Enfers – ont eu raison d’un écrivain sexagénaire reconnu, virtuose de la satire, du jeu de mots, de l’humour noir.
C’est ainsi que, dans l’un des pays les plus civilisés du monde, phare et emblème de la riante modernité high-tech, un romancier dépossédé de son langage sous peine d’encourir les foudres de la censure peut cesser d’écrire dans l’indifférence générale. En l’An de grâce 1993, au Japon. »
Des citations de Guy Debord qui le rendent tellement sympathique:
« Il est assez notoire que je n’ai nulle part fait de concessions aux idées dominantes de mon époque. (In girum imus nocte et consumimur igni)»
« Je n’ai jamais cru aux valeurs reçues par mes contemporains.(Panégyrique) »
Cécile Guilbert le qualifie de dandy pour « la proscription des idoles du jour, néo-impératifs catégoriques que réussite, progrès, argent, images, vitesse, marchandise, technologie, confort, utilité constituent en troupeaux de veaux d’or à l’intention d’autres troupeaux. »
Et elle a ces qualificatifs pour le dépeindre –et là encore générer ma sympathie :
« Incrédule, distancié, ironique, nullement porté aux concessions d’aucune sorte, apparemment sans regrets, sans remords, sans croyance, sans désir autre que celui de coïncider pleinement avec l’instant, sa propre existence, avec son temps propre et son propre corps ; ne justifiant rien, « docteur en rien », n’adhérant à rien, ne prétendant à aucune vertu, revendiquant ses vices, n’y voulant ni pouvant rien en changer. . . »
28 avril 2008
semaine 17 - 08
Un bondage frais – style Photomaton -, et Dieu sait que je n’aime pas les collants. Enfin il le sait ou pas, je m’en fous, vu que je le nie. Mais gardons le contact avec la beauté et la vérité, soit ces seins à larges aréoles.
Trouvé soldé le tome 7 de la Correspondance de Guy Debord, soit les années 1988 à 1994. Je mesure soudain que les Commentaires sur la société du spectacle ont paru en 1988 et que je suis magnifiquement passé à côté, déjà complètement bouffé par la société du spectacle d’ailleurs. J’avais bien acheté cet exemplaire gris consacré à l’Internationale situationniste mais l’avais oublié après l’avoir survolé.

Je me rappelle bien des dessins extraits de bande dessinée et détournés par leur texte. Ce livre auquel je tenais – et qui a pris une grande valeur – a disparu sans doute à la faveur de mes multiples déménagements.
Trouvé également un ancien numéro du Matricule des anges avec un focus sur Enrique Vila-Matas dans une petite librairie de quartier ; échange de recommandations avec le libraire (jeune aux yeux bleu clair), moi lui conseillant Docteur Pasavento bien sûr, lui faisant l’éloge d’Eloge des voyages insensés de Vassili Golovanov, dont j’avais lu d’excellentes critiques.
Une trop belle carte de vœux.
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Mes lectures actuelles et prochaines actualisées :
1 – Les explorateurs de l’abîme d’Enrique Vila-Matas (lecture en cours)
2 - Histoire du surréalisme de Maurice Nadeau (lecture en cours)
3 – Les Carnets de Marina Tsvetaeva (lecture en cours)
4 – Hôtesse spéciale pour jet privé de Michel Brice (lecture en cours, ouais, je sais, est-ce vraiment une lecture ?)
5 – Correspondance (volume 7) de Guy Debord (lecture en cours)
6 – Wakefield de Nathaniel Hawthorne
7 – Le choix des mots de Clément Rosset
8 – Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk
9 – L’éducation du stoïcien, du baron de Teive / Pessoa
10 - Sur les cimes du désespoir de Cioran
11 – 2666 de Roberto Bolano
On l’aura remarqué, çà devient grave avec cinq lectures simultanées, mais heureusement pour ma santé, il y a des nouvelles, des lettres, un journal, l’histoire d’un mouvement, et donc pas cinq romans à personnages multiples.
Pense-bête :
- se renseigner sur l’écrivain japonais Yabutaka Tsutsui
27 avril 2008
pingouins pas innocents
Y a-t-il une corrélation improbable entre amour du pingouin et goût des rapports sado-masochistes ?

26 avril 2008
pingouins
"Le pingouin fait souvent ce qu’il peut, et non ce qu’il veut."
Anonyme sud-africain.
Je photographie tous les pingouins ou manchots que je croise dans la vie quotidienne. En voici un exemple :
25 avril 2008
terrassées
Photo de Miguel Costa Jr Photo d'Helmut Newton
grosse moto et fauve blanc
. . . je pilote une grosse moto avec mon frère assis derrière moi. Nous devons passer un contrôle de gendarmerie. J’avance au ralenti dans la zone, cherchant à passer quand tous les gendarmes seront occupés. Je comprends que c’est l’usure des pneus qui est examinée. J’ignore l’état des pneus de ma moto et me dis que les pneus lisses sur une moto sont moins gênants pour une moto que pour une voiture. J’arrive à passer sans encombre le contrôle. . .
. . . en pleine nuit, je roule sur une voie rapide et réalise soudain que je suis très près du véhicule qui me précède, sans pour autant le distinguer. Je comprends alors que je n’ai pas actionné mes feux. Mais quand je cherche à le faire, impossible d’actionner une commande; je glisse à mon frère que nous devons stopper d’urgence. Je prends la première sortie et gagne un abri éclairé. Je parviens avec soulagement à allumer mes feux. Nous pouvons reprendre la route. . .
. . . de retour chez moi, je libère un fauve blanc, à mi-chemin entre le guépard et le tigre, qui, joueur, veut poser ses pattes antérieures sur mes épaules. Je suis accompagné de trois jeunes filles apparemment émoustillées. . .
20 avril 2008
semaine 16 - 08
J’ai acheté le numéro d’avril de Psikopat –pas de pub, que de la très bonne bande dessinée- et découvert ensuite qu’il offrait le charme supplémentaire d’avoir pour thème la jalousie ! Même si ce sentiment est plutôt faiblement développé chez moi, il est incontournable pour alimenter certaines histoires d’adultères et cocufiages qui me sont chères. Donc un régal de lecture, avec en prime un dessin de Pluttark pour l’album Vacuum time :

La bonne nouvelle littéraire de la semaine, c’est la découverte d’un auteur dont Enrique Vila-Matas peut être le préfacier – c’est ainsi que je le découvre et grâce à la chronique de Mathieu Lindon dans Libération- à savoir Bernard Quiriny qui publie Contes carnivores, avec présence de Yapous en son sein ! Voici un extrait de l’article de Mathieu Lindon :
« Le recueil eût également pu s’intituler «Suicides exemplaires» (mais Contes carnivores est très bien) si le titre n’avait déjà été pris par Enrique Vila-Matas. L’écrivain espagnol né en 1948 (dont Bourgois traduit Explorateurs de l’abîme, on en parle ici la semaine prochaine) est d’ailleurs le préfacier de Contes carnivores, après avoir été un personnage de l’Angoisse de la première phrase, le premier recueil de nouvelles de Bernard Quiriny (Phébus, 2005). Cette préface commence ainsi : «Je prépare depuis des années une Histoire générale du vide. Mais l’angoisse d’en écrire la première phrase me paralyse.» «La première phrase : voilà l’ennemi», a écrit pour sa part Bernard Quiriny, «l’un de mes écrivains préférés», dit Enrique Vila-Matas dans sa préface. »
Encore un casque.
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Mes lectures en cours et prochaines actualisées, mais en réalité inchangées :
1 – Les explorateurs de l’abîme d’Enrique Vila-Matas (lecture en cours)
2 - Histoire du surréalisme de Maurice Nadeau (lecture en cours)
3 – Les Carnets de Marina Tsvetaeva (lecture en cours)
4 – Wakefield de Nathaniel Hawthorne
5 – Le choix des mots de Clément Rosset
6 – Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk
7 – L’éducation du stoïcien, du baron de Teive / Pessoa
8 - Sur les cimes du désespoir de Cioran
19 avril 2008
métalittérature
J’éprouve invariablement un plaisir instantané à rencontrer le préfixe méta, dont Wikipedia donne la définition suivante :
« méta est un préfixe qui provient du grec μετά (meta) (après, au-delà de, avec). Il exprime, tout à la fois, la réflexion, le changement, la succession, le fait d'aller au-delà, à côté de, entre ou avec.
méta signifie aussi à propos, comme dans métaphysique, la physique de la physique, ou dans métalinguistique, désignant le lexique linguistique.
méta est souvent utilisé dans le vocabulaire scientifique pour indiquer l'auto-référence (réflexion) :
• méta-physique = physique de la physique
• méta-langage = système ou langage permettant de décrire d'autres langages
• méta-livre = livre à propos d'un livre
• méta-documentation = documentation sur la documentation
méta est aussi très souvent utilisé en science pour désigner un niveau d'abstraction supérieur, un modèle. Exemple : une métadonnée est une donnée sur les données. »
Absorbant en ce moment du Vila-Matas à haute dose, je trouve ainsi régulièrement la notion de métalittérature, soit donc la littérature à propos de la littérature. Et grand bien me fait.
Ainsi cet extrait d’Explorateurs de l’abîme :
«En définitive, il me fallait faire un gros effort pour raconter des histoires de la vie quotidienne avec mon sang et mon foie, comme l’avaient exigé de moi mes contempteurs qui m’avaient reproché des excès métalittéraires et une "absence absolue de sang, de vie, de réalité, d’intérêt pour l’existence normale des gens normaux".»
Ou cette critique de Mathieu Lindon, grand admirateur de Vila-Matas :
« Il a, sinon inventé, du moins poussé à un tel degré de précision un genre, celui de la nouvelle métalittéraire, que celui-ci semble lui être devenu complètement naturel, de sorte que la seule déception que le lecteur peut ressentir est de constater combien l’auteur, avec toujours ces fascinantes fantaisie et imagination, y demeure fidèle. On aime tellement Enrique Vila-Matas qu’on adorerait qu’il élargisse encore son territoire, qu’il aille loin de ce qu’il a su créer comme son ici. »
18 avril 2008
une vision admirative
Propos d’Helmut Newton :
«Il y a deux obscénités en photographie : l'art et le bon goût, répondait-il en souriant (il adorait les critiques). Je ne suis pas là pour être aimé, ce n'est pas ma fonction. Je ne suis pas un photographe qui fait un commentaire social comme Sebastião Salgado ou Henri Cartier-Bresson. Moi, je suis superficiel et je montre le monde des riches et leurs relations. (...) Et j'essaie de le faire de la manière la plus bizarre, afin de ne provoquer aucun ennui.»
Parlant de ces dominatrices à taille fine et hauts talons, Newton précisera : «Moi, je fais une reconstitution de la vie. Ce ne sont pas des fantasmes, je n'ai pas inventé toutes ces scènes entre femmes riches et domestiques ; d'autres, comme Stefan Sweig, ont déjà écrit sur la bourgeoisie.»
De lui, sa femme June dira : «La vision qu'il a des femmes n'est ni cruelle, ni tendre, ni affectueuse, mais juste admirative. Et il a la capacité de les rendre toujours plus belles.»
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