Vers la brune

cagibi mental alimenté quand la nuit tombe, où sont amassés des notes, des écrits, des photos dont celles d'une brune.

29 février 2008

mille-feuille de février

couleurs

Une association de couleurs satisfaisante.

« C’était difficile de contenir son sang froid. » (Abdeslam Ouaddou, capitaine du club de foot de Valenciennes)

On parle parfois de manière phonético-approximative :
« … et le deuxième but nous a sacrifiés.». Je pense qu’ Olivier Echouafni, joueur de football interviewé après l’effort, voulait dire "crucifiés"

Merci Verlaine, qui a écrit « putain comme chausson » - qui s’enfile aisément-. C’est délicat.

« ... vous énervez pas, on discute ! »

« Les conditions sont excellentes ce soir, avec un ciel d’un bleu écarlate. » (un journaliste sportif sur Canal +)

« …çà nous fait plaisir de se retrouver sur ce film-là. » (Guillaume Canet)

Un garçon interviewé au sujet du "jeu" du toreador consistant à attendre sur les rails l’arrivée d’un train et à l’esquiver au tout dernier moment :
- et toi, tu ferais çà ?
- Oooooh non, faire çà c’est un peu abusif

Un garçon commentant l’inactivité d’un autre :
- ton frère, il subit la vie !

« Ancic souffre chaque balle » (J-François Caujolle, Directeur de l’Open 13 de Marseille)

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27 février 2008

j'aimais trop

C (C. bien sûr...)

J’aimais trop quand elle venait s’asseoir sur mon visage. Ma dernière vision était ce superbe fessier, puis j’étouffais. J’aimais trop quand je cherchais difficilement un filet d’air aspiré à travers sa chair m’épousant. Et la façon dont elle me donnait cette bouffée d’oxygène savamment dosée, me permettant d’endurer les longues minutes du traitement.

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26 février 2008

en terre de violence et de sorcellerie

Jacques_Chessex

J’aime chez Jacques Chessex non seulement ce qu’il écrit mais aussi ce choix de vie, cette recherche d’authenticité à Ropraz en Suisse, « terre de violence et de sorcellerie », dans une maison où il laisse libre cours à ses goûts. Il quitte sa collection de toiles, dont des nus, pour gagner le cimetière où il écrit de la poésie. Cet homme semble en vraie communion avec la nature, avec le temps. Il épouse la réalité (« Le deuil est une chose impossible ») pour mieux la vivre, comme on se réchauffe dès qu’on arrête de lutter contre le froid. Il m’apparaît comme un monstre de quiétude que j’envie, forcément.

25 février 2008

qualités attachantes

Un personnage attachant dans Neurotrans publié dans feu L’Echo des Savanes :

neurotrans

24 février 2008

semaine 08 - 08

A propos du docu-fiction "La résistance", entendu à peu près ce dialogue sur France inter :
« Les allemands installaient leur propres lignes téléphoniques.
- on voit dans le film un adolescent couper ce fil téléphonique. On a pu vérifier çà ?
- oui çà a été vérifié. On ne peut pas parler encore de résistance mais c’est un début de rébellion.
»
On ne peut parler de résistance ? Pour faire des exemples, les allemands ont fusillé pour de tels sabotages. On risquait simplement sa vie à ainsi saboter. Alors quel est le critère qui fait commencer la résistance ?

Passé la semaine avec un journal télé dont la couverture affichait cette photo de Laurence Ferrari :

Laurence_Ferrari

J’ignore tout de la personne, mais quelle intelligente beauté dans ce visage et quelle douceur envoûtante dans ce regard.

Trouvé deux autres anciens numéros de la revue belge Pylône, plus qu’un numéro manquant de cette revue très difficile à trouver, j’avais même (vainement) échangé avec son directeur qui , pourvu de mon adresse, allait m’envoyer les numéros désirés - que ne ferait-on pas pour un lecteur fan ?- j’attends toujours.

La Bartlebyene.
Lire Bartleby et compagnie de Enrique Vila-Matas m’a naturellement conduit à lire
- Bartleby d’Herman Melville.
Je vais bientôt lire Lettre de Lord Chandos de Hugo von Hofmannsthal, Pierre Ménard auteur du Quichotte de Jorge Luis Borges et Wakefield de Nathaniel Hawthorne. Ce dernier livre une fois lu sera suivi de Madame Wakefield d’Eduardo Berti, probablement un bras mort de cette rivière bartlebyene, mais sait-on jamais, un autre auteur a peut-être écrit à partir de Wakefield.

Au lendemain de la rédaction du paragraphe précédent, je découvre, lors de mes recherches diurnes hallucinées, l’existence d’un livre de Gabriel Brownstein, "L’étrange histoire de Benjamin Button", recueil de neuf nouvelles dont l’une s’intitule "Wakefield, 6ème étage droite", et s’inspire de la nouvelle de Nathaniel Hawthorne. Maintenant je crois que je ne suis pas au bout de découvertes sur cette suite d’œuvres déclenchées par Wakefield.

Et au surlendemain j’ai trouvé une édition chez Corti (tellement plus agréable que l’édition de Babel) de la nouvelle Wakefield. La Bartlebyene s’accélère.

Taschen fête ses 25 ans en proposant le volume 1 de Roy Stuart à prix réduit, j’ai succombé, je suis faible, mais riche désormais de telles photos imprimées:

Roy_Stuart

Dans une pleine page consacrée à la lingerie, Le Figaro évoque la marque Etam et l’évolution des seins en fonction de la mode. Ce dernier article comporte une mauvaise nouvelle véhiculée par Chantal Thomass: « Aujourd’hui la mode est aux petits seins ronds, naturels et haut perchés. ». Quant à Etam, dans un historique de publicités j’ai été ému par celle-ci ( petit gabarit, mais quelle brune !) :

Etam

GERM001   SWIT001

Mes lectures à venir actualisées :
0 – devoirs d’école de Jakob Arjouni (lecture terminée)
0-  La promenade de Robert Walser (lecture terminée)
1 – Sur les cimes du désespoir de Cioran (lecture en cours)
2 – L’avenir dure longtemps de Louis Althusser (lecture en cours)
3 – Lettre de Lord Chandos de Hofmannsthal
4 – Wakefield de Nathaniel Hawthorne
5 – Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk
6 – L’éducation du stoïcien, du baron de Teive

Pense-bête actualisé :
1 – chercher chez Clément Rosset  (Le choix des mots) si les créatifs n’ont pas le pouvoir de ne pas créer : on s’en occupe, achat prochain du livre.
2 – chercher la nouvelle de Borges "Pierre Ménard auteur du Quichotte"

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22 février 2008

famille en retour

devoirs_d__cole

Lu avec plaisir Devoirs d’école de Jakob Arjouni, dont j’ignorais tout, mais qui a eu la bonne idée de se faire publier cher Christian Bourgois – cela suffit comme invitation à lire.
Et dans la deuxième phrase du roman, est évoqué un texte de Robert Walser…

Le personnage principal est un professeur d’allemand, qui vieillit pas très bien, se bat avec ses armes pitoyables de dérision, comme une ironie sarcastique à tout bout de champ, ou une capacité naturelle à tout positiver à grands renforts de justifications intellectuelles.

« Frapper son propre père…Il fallait oser, quand même ! Cela contribuait sûrement à l’épanouissement d’un jeune homme. Une rébellion, un coup libérateur…tout le monde devait un jour renverser son père de son piédestal. »

A la veille d’un week-end en célibataire, bientôt débarrassé croit-il d’une famille source de problèmes, il va connaître un violent effet boomerang … Il s’en remettra à l’aide d’une pirouette encore une fois intellectuelle. Mais, en gros, il a pathétiquement tout faux.

21 février 2008

marginalité invétérée jusque dans le suicide

Stifter

J’ai trouvé un nouvel écrivain suicidé (je les collectionne), Adalbert Stifter (1805-1868), " un auteur majeur de la littérature allemande du XIXème siècle, marginal invétéré qui se suicida à 63 ans. "

« Stifter prend sa retraite en 1865. Gravement malade,Stifter meurt à Linz, en 1868, après s'être tranché la gorge. »

Posté par brune addict à 20:30 - nourritures - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 février 2008

amateurs de poitrine

Alain Valcour, en bon obsédé des seins, connaît Ramon Gomez de la Serna :

"L'auteur espagnol Ramon Gomez de la Serna (1888-1963) a écrit un livre consacré aux seins, titré tout simplement  "Seins". Une traduction française est parue aux éditions  A. Dimanche en 1997; il en existe une édition de poche.

Ce livre est une suite de croquis littéraires que l'auteur a du écrire à la terrasse d'un café en regardant les passantes à longueur de journées."

J’ai lu ce livre, et comme d’habitude je ne me souviens plus de rien. A relire dans une autre vie sans doute. En voici un extrait :

Le Xylophoniste des Seins
R.G de la Serna

Cet homme subtil et soucieux avait toujours rêvé de découvrir la tonalité des seins, leur polyphonie.
"Parce qu’ils en ont une, pensait-il, ils en ont une. Chaque sein a une nuance musicale. Le tout est de la trouver."
Dans les cabinets particuliers, les femmes demeuraient impressionnées lorsqu’il tirait de la poche intérieure de sa redingote un petit marteau dont il frappait leurs seins. [...]
"Ce qu’il faut perfectionner, c’est le marteau... Les seins ont leur note parfaite, mais il est très difficile de l’en faire sortir. Ce qu’il faut perfectionner, c’est le marteau."
Et il perfectionna le marteau, grâce à quoi, un jour, il put assembler les notes les plus délicieuses pour un concert idéal.
Il disposait en rang les femmes aux seins différents, depuis les seins aigus, criards, frivoles et retroussés comme les cornes des petits chevreaux, jusqu’aux seins opulents, tombants, graves qui donnaient la basse ; parfois, il était inutile de faire sonner le sein droit ou le gauche car ils donnaient une note étrangère à la gamme dont faisaient partie les femmes. Le marteau se gardait bien de frapper ce sein atonal.


Alain Valcour, en bon mamello-maniaque,  parle bien des seins de la boulangère :

"Les seins de la boulangère se doivent d’être amples et généreux, souples et blancs comme de la pâte à pain qui demande  à être longuement pétrie. Ce sont des seins nourriciers, naturels, sans afféterie ni fermeté siliconée, et toujours un peu poudrés de farine.

La boulangère les montre dans un ample décolleté, d’une part parce qu’il fait chaud dans sa boutique et d’autre part pour que les jeunes garçons envoyés « au pain » par leurs mères aillent chez elle de préférence."

19 février 2008

sa posture

…au volant d’une voiture, j’arrive dans un tunnel, et dans une large courbe, j’arrive sur une rangée de motards assis sur leur engin, espacés de sorte qu’ils barrent la route. Je ralentis et vise pour passer entre deux motards, mais bien évidemment, comme je le craignais, celui sur ma droite, étrangement blanc- vêtu intégralement de blanc, la peau blanche, comme momifié- me fait signe sans dire un mot, de me garer…

… je dois passer un test physique pour savoir si j’ai consommé de l’alcool. C’est un parcours tracé au sol avec des boîtes en carton numérotées, indiquant où mettre le pied droit, puis le pied gauche, puis la main droite etc. Le parcours se réalise donc à quatre pattes. En cherchant le début du tracé, je me retourne un peu trop brutalement et perds légèrement l’équilibre : mauvais point pour moi, j’ai déjà donné l’impression d’être bourré. Je fais le parcours et pense m’en être tiré honorablement.
L’examinateur me dit grosso modo qu’il ne va pas faire de prise de sang bien que persuadé que j’ai bu un peu trop. Je me remémore ma consommation de la soirée : une coupe de champagne et deux verres de vin…rien de bien méchant mais suffisant pour être positif à l’alcotest. Il me fait vaguement la leçon et je l’écoute, agacé par sa suffisance et sa posture mais trop content de ne pas être verbalisé …

Posté par brune addict à 19:32 - La vida es sueño (P. Calderon) - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 février 2008

les nibards sectionnés

lutte___mort

Je lis tout ce qu’écrit Pavel Hak, ses romans. Mais il s’est aussi mis au théâtre avec une courte pièce intitulée Lutte à mort, c’est musclé :

"HOMME II, sortant une barre de métal: Moi. Je veux être le premier à lui arracher un morceau de chair. Et le dernier à l'achever.

HOMME III : Tuons-la. Mais pas si vite, pas n'importe comment. Il sort un rasoir. N'oublions pas l'esprit de système. Et la question de méthode. Les coups de barre de fer à la fin, d'accord, pour l'achever on va procéder de cette façon. Mais avant, qu'elle sente sa faute au plus profond de sa chair de chienne: je vais lui donner quelques caresses, et on va voir ce qu'elle va nous raconter avec les nibards sectionnés.

HOMME I : D'accord. Quelques taillades pour nous échauffer, ça ne peut pas nous faire de mal. Elle est mignonne, elle peut nous divertir avec ses sanglots, avant de hurler de douleur. Tenez - il détache sa ceinture -, quelques traces écarlates sur sa peau de vierge, avant qu'elle ne commence à saigner comme une truie, ça vous dirait? Regardez cette poitrine, cette blancheur virginale. Et ces bouts fièrement dressés - pleins de sang impatient de gicler. Vous ne voulez pas, avant que le rasoir ne les tranche, que ma ceinture les maltraite?

HOMME II : Tuons-la. Tuons-la vite. Les coups de ceinture, ça ne lui fera aucun effet. On peut la fouetter, on peut la battre, le fouet ne lui arrachera pas sa putain de fierté. Et le rasoir non plus: elle a l'air d'en jouir d'avance, regardez comment elle nous regarde, avec quel défi, quel vice brillant au fond des yeux. Elle est une vraie dépravée, perverse."

                                                            


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