31 janvier 2008
ressembler à soi
…C. me montrant une revue avec la photo d’un homme aux pieds d’une femme :
- tu ne veux tout de même pas ressembler à çà !
Je suis surpris et douloureusement confus, écartelé entre le souhait d’abonder dans le même sens pour être agréable à C., et le souci d’honnêteté qui me pousse à dire mon désir de subir le même traitement que l’homme sur la photo…
30 janvier 2008
mille-feuille de janvier
" Il y a des salariées plein les rues. Elles ont souvent des gros seins. Les nibards salariés ont toujours eu sur moi un effet grandiose." (Yann Moix)
" Il y a un stock de corps de femmes dans les rues des cités modernes." (Yann Moix)
« Après la journée des églises vides et de la grappa désespérée du café San Gennaro, je me suis réveillé, […]. » (Enrique Vila-Matas)
Un entraîneur de foot a « trouvé la mort » à plus de 80 ans.
« Contre les problèmes articulaires, Phytalgic a fait la preuve de son efficacité compte tenu de son succès en pharmacie.» (publicité à la radio)
Formidable. Un bon marketing et le produit est forcément bon.
« Dans les Bouches du Rhône, il y a 12% d’absentéisme sur le plan départemental. » un chef d’entreprise)
« … pour faire appliquer un programme à partir de dorénavant. » (un journaliste sur France Info).
A fluide correspond fluidité, et à superflu correspond … superfluité.
A navrant correspond …navrance, mot qui a tendance à disparaître.
29 janvier 2008
élévation de poitrine
Pavel Banka Alva Bernardine
28 janvier 2008
vers l'ultime soumission
Pieds nus est un roman très bien écrit, de l’allemand Michael Kleeberg : y est narré comment un publicitaire verse dans une relation SM. J’y trouve cette remarque pleine de bon sens :
"Si l'on devait réagir dans une mesure adéquate a tout ce qui se passe sur cette terre, on n’y survivrait pas un seul jour sans sombrer dans la folie. S’armer pour la vie, c’est développer une certaine insensibilité."
J’y trouve aussi cette description de symptômes par lesquels je passe parfois :
"Depuis quelque temps, dès le matin, sur le chemin du bureau, K. passait d'une émotion violente à l'autre, au point que souvent il arrivait au travail épuisé, vidé de ses forces. Le choc du bruit, dans la rue, dès qu'il ouvrait la porte, l'agression des coups de klaxon, des coups de frein, l'insupportable niveau sonore des grosses motos au moteur à deux temps. Le pathétique de la mince silhouette grise du vieux tailleur pour hommes, les deux sillons qui creusaient son visage, de part et d'autre de la bouche, avec son mètre-ruban passé autour du cou, posté chaque jour sur le seuil de son magasin comme dans un décor de film d'après-guerre, attendant de pied ferme d'illusoires clients. Le spectacle de la concierge a moitié aveugle, rongée par la cirrhose, appelant inquiète son chien en cavale dans le quartier. C'était toujours a lui, K., qu'il revenait d'abréger, car il était pressé, les propos banals échangés avec la buraliste en veine de bavardage. Plus loin, au bout du petit parc, la loge de concierge, avec les deux chats trônant sur le rebord de la fenêtre ouverte, et sa sourde crainte, chaque fois que l'un des deux manquait, qu'il se soit fait écraser, et sa vive représentation du chagrin, de la perte irréparable qu'il imaginait pour une brave femme qu'il ne connaissait même pas. Comme exutoire à ces misères, en compensation de cet excès d'accablement, en réponse à cette envie de fuir une position intenable entre la contrainte des responsabilités et la menace de fatales surprises, […]."
Des excès (à mon goût) stylistiques parfois, mais un itinéraire, celui d’un homme qui expérimente et va jusqu’au bout ultime de la soumission.
Vers la fin, quand il a quitté sa femme, est décrit un épisode touchant de sa vie d’esclave ; voici l’extrait pour donner envie de lire ce beau livre:
"Plus tard, Daniel lui fit signe de se retirer, puis, se ravisant, fit savoir à ses hôtes, avant que K. ne quitte la pièce, qu'il partait pour une semaine à New York et proposa à Madeleine, c'était le nom de la journaliste, de lui prêter son esclave durant son absence. Madeleine regarda son mari qui répondit par un geste de la main signifiant aussi bien l'assentiment que l'indifférence. K. fut donc emmené pour aller vivre une semaine dans une grande maison à Saint-Cloud, où Madeleine le traita plus en animal domestique qu'en esclave. Elle tint absolument à ce qu'il circule constamment nu dans les pièces heureusement bien chauffées de la villa - car entre-temps l'automne était arrivé avec le froid et une pluie incessante - et l'utilisait comme une poupée, un jouet mécanique, un instrument à l'aide duquel une femme, aussi occupée qu'elle l'était, pouvait sans longs préliminaires se procurer du plaisir dans ses moments de loisirs. La encore, K. apprit à s'oublier, à se dépouiller de soi-même, car lorsque, comme ce fut le cas les deux premiers jours, il se sentait homme dans ces rapprochements sexuels et se conduisait comme une personne envers une autre personne, Madeleine le châtiait pour ce comportement actif d'individuation (elle lui en faisait grief, y voyant une marque de machisme, ce en quoi elle n'avait pas tout à fait tort), et bien plus brutalement et cruellement que Daniel. Il comprit qu'il ne s'agissait pas pour Madeleine de coucher avec un homme, un être humain, qu'elle désirait seulement de temps en temps bénéficier d'un corps qu'elle avait à portée de la main sans avoir à y impliquer les contraintes et les conséquences ordinairement liées à une relation interhumaine. K. apprit à considérer abstraitement son moi, qui pouvait ou non exister, mais toujours dépourvu de la moindre importance, à le distinguer de son corps qui ressentait ou dispensait du plaisir en restant hors du temps et de la causalité. Il fit son profit de cette expérience lorsqu'il retourna chez son maître: elle l'affranchit de plus en plus de Daniel en tant qu'être humain. Il recevait ses coups comme un sujet vicariant, un bouc émissaire, et à chaque coup de fouet sur la plante de ses pieds nus il lui semblait que lui-même, que le monde devenaient un peu plus léger, qu'une parcelle de la faute était pardonnée."
Oui, la soumission est une vraie thérapie. Oui encore, le masochiste se sent coupable.
27 janvier 2008
semaine 04-08
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Je déteste les manifestations avec du public où est annoncée une "surprise". Je crains à chaque fois le pire.
Dans mon processus d’érotisation nippo-maniaque, j’ai remarqué au restaurant une japonaise au visage agréable, à la taille fine, à la poitrine imposante, aux belles jambes sur sandales à haut talon.
Dans une critique, on parle de " seins copieux ". J’ai un faible pour les adjectifs qualificatifs utilisés pour parler de la poitrine féminine. J’éprouve le plus souvent à leur lecture un sentiment jubilatoire. J’en ai même un inventaire incomplet tiré d’une multitude d’ouvrages. Il me faut le mettre en ordre de présentation et ensuite je pourrai le mettre sur ce site.
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Reçu un SMS étonnant d’un numéro inconnu :
« Volim te – gros bisou »
Recherche faite, Volim te signifie Je t’aime en bosniaque.
J’ai lu, sidéré, "132 bons mots avec Jacques Lacan". Enfin, j’ai un peu sauté les pages vers la fin car je n’y ai rien compris (manifestement pas fait les bonnes études). J’ai basculé dans la 4ème dimension. Voici un exemple (intégral, je ne coupe rien) de "bon mot" :
« Après avoir un assez long temps mariné dans la bibliothèque, il finit par conclure ce qui était : Lacan l’avait bel et bien oublié. Il décide de se lever, puis va frapper à la porte du bureau.
Réaction de Lacan : l’engueuler de ne s’être pas manifesté plus tôt. »
C’est tout. Il y en 131 autres.
26 janvier 2008
seul pleureur
Cette nuit, j'ai rêvé que j'attendais C. au pied d'un immeuble pour me promener avec elle. Elle est partie avec une amie, et je les ai suivies, très déçu et même en colère. Plus tard dans le même rêve, je suis au lit, C. s'approche et j'espère qu'elle ne songe pas à faire l'amour, je lui en veux trop pour imaginer cette complicité physique. Mais non, elle me propose des médicaments.
Rêve édifiant : présence d'une amie, je suis oublié...et C. au vu de mes fantasmes pense même qu'il faut me soigner!
25 janvier 2008
représentation provocante de la femme
Helmut Newton est mort il y a quatre ans (le 23 janvier 2004) dans un accident de voiture (il a perdu le contrôle de sa Cadillac).
Je flashe sur ses photos depuis mon adolescence. Et je traque ses clichés un peu partout.
Extrait de l’article du Nouvel Observateur de l’époque :
« Au cours de sa longue carrière, Helmut Newton se sera distingué par une représentation sensuelle, voire provocante, de la femme en explorant les références à l'argent, à la mode, au pouvoir et au sexe. Des clichés qui ont fait de lui l'un des photographes les plus sulfureux, influents et controversés du XXe siècle. »
Une autre admiratrice manifeste de Newton, Melle Framboise - et elle a forcément toute ma sympathie - se rencontre en ouvrant précautionneusement la ...
porte N°5...
24 janvier 2008
vers l'ultime expression
Je pense que l’on devrait écrire un livre recensant les suicides d’écrivains, qui souvent annoncent dans leurs écrits l’acte à venir. Y serait forcément évoqué celui de Romain Gary qui, le 2 décembre 1980, s’est tiré une balle dans la bouche.
(Romain Gary)
Dans une biographie :
« On doit sans cesse faire des allers-retours entre ce qu’il vit (la gloire, les femmes, l’énergie) et ce qu’il ressent (la dépression, les gouffres, la solitude)…Le suicide est sans doute une présence continuelle dans son existence. Il écrit, de retour à Londres en 1955, à son ami René Agid :" J’ai une effroyable tentation de suicide. Un bouton qui manque, un soulier trop petit, une clef perdue, et je vois immédiatement la paix du suicide comme la seule solution". »
Une autre évocation : « au soir du 2 décembre 1980, étendu sur une serviette de bain rouge, il se tirera un coup de feu dans la bouche, en laissant à côté de lui ces mots : " Je me suis enfin exprimé entièrement ". »
23 janvier 2008
indécence
"L'indécence est le plus beau cadeau qu'une femme peut faire à un homme" (Wolinski)
photos
( C. dans une exposition )
22 janvier 2008
nor a drop to drink
Dans le film –culte pour moi- Kennedy et moi, Jean-Pierre Bacri dit ne pas comprendre la citation en anglais de Jean-Claude Brialy alors qu’ils se trouvent sur un bateau :
" Water, water everywhere, nor a drop to drink "
J’ai fait ma petite enquête et je connais maintenant l’origine de cette citation : il s’agit d’un extrait d’un long poème écrit par l’anglais Samuel Taylor Coleridge (1772 - 1834) et intitulé Rime of the Ancient Mariner :
Water, water, every where,
And all the boards did shrink ;
Water, water, every where,
Nor any drop to drink.
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(Samuel Taylor Coleridge)









